Si l'un des parents est en arrêt de travail pendant une longue période, c'est tout le budget familial qui peut rapidement se retrouver ébranlé. L'assurance indemnités journalières compense la perte de revenus : à qui s'adresse-t-elle, comment fonctionne-t-elle et quels sont les pièges à connaître en 2026 ?
Les familles planifient beaucoup de choses : la garde des enfants, l'hypothèque, les vacances, la scolarité des enfants. Ce qui n’est pratiquement jamais prévu dans un budget : une perte du revenu principal pendant plusieurs mois pour cause de maladie. Or, les statistiques des assurances sociales montrent depuis des années que les absences de longue durée – notamment en raison de maladies psychiques et de troubles musculo-squelettiques – sont en augmentation. L’assurance indemnités journalières est la réponse à ce risque précis : elle remplace une partie du revenu professionnel lorsque la maladie (et, selon le contrat, l’accident) empêche de travailler.
Qu'est-ce qu'une assurance indemnités journalières exactement ?
Ce terme désigne les assurances qui versent une indemnité journalière convenue en cas d’incapacité de travail – c’est-à-dire un montant fixe par jour ou un pourcentage du salaire assuré. Le cas d’application le plus courant est l’indemnité journalière de maladie : elle s’élève généralement à 80 % du salaire pendant 720 ou 730 jours au maximum. D'un point de vue juridique, il existe deux formes : l'assurance d'indemnités journalières selon la loi sur l'assurance-maladie (LAMal, art. 67 et suivants), que toute personne âgée de 15 à 65 ans peut souscrire et pour laquelle l'obligation d'admission s'applique – mais qui ne convient que pour des indemnités journalières modestes –, et la solution qui prévaut aujourd’hui, régie par la loi sur le contrat d’assurance (LCA), dans laquelle l’assureur fixe librement les prestations, les primes et les conditions d’admission et peut exiger un examen de santé. Il convient en outre de distinguer l’assurance collective, souscrite par un employeur pour son personnel, de l’assurance individuelle destinée aux travailleurs indépendants et à toutes les personnes ne bénéficiant pas d’une couverture collective.
Pourquoi ce sujet concerne toutes les familles
Le maintien légal du salaire prévu à l’article 324a CO est de courte durée : trois semaines au cours de la première année de service, puis, en fonction de l’ancienneté et de la jurisprudence (barème de Berne, de Bâle ou de Zurich), de quelques semaines à plusieurs mois. Une rente AI n’est versée qu’au bout d’un an au plus tôt – et loin de couvrir toutes les maladies. Entre-temps, il y a une phase critique durant laquelle, sans indemnité journalière, les revenus s’effondrent, tandis que le loyer, les primes d’assurance maladie et les frais de garde continuent d’être dus sans changement. Pour les familles dont le conjoint est le principal soutien financier, le risque est existentiel ; mais même dans les ménages à double revenu confrontés à des charges fixes élevées, une perte partielle de revenus creuse rapidement un trou de plusieurs milliers de francs par mois.
Salariés : bien couverts – mais pas automatiquement
De nombreux employeurs proposent une assurance collective d’indemnités journalières en cas de maladie ; il n’existe toutefois pas d’obligation légale générale, celle-ci ne devenant contraignante que par le biais de conventions collectives de travail ou du contrat de travail individuel. Vérifiez donc dans votre contrat de travail ou dans le règlement du personnel : existe-t-il une assurance indemnités journalières ? À combien s’élève l’indemnité journalière (80 ou 90 %) ? Quelle est la durée de la prestation (720 jours en règle générale) ? Et : quelle est la durée du délai d’attente pendant lequel l’employeur continue de verser directement le salaire ? Important pour les salariés à temps partiel – souvent des mères et des pères ayant réduit leur temps de travail : c’est le salaire effectif qui est assuré. Les personnes qui, en plus de leur temps partiel, comptent sur une deuxième source de revenus, telle qu’une activité indépendante accessoire, devraient vérifier si ce revenu est couvert par une assurance – ce qui n’est généralement pas le cas.
Indépendants et entreprises familiales : la plus grande lacune
Les travailleurs indépendants ne bénéficient ni du maintien du salaire ni d’une couverture collective. Un accident peut être couvert par l’assurance LAA facultative ou par des solutions privées, mais la maladie – un risque statistiquement bien plus fréquent – reste non couverte sans assurance d’indemnités journalières. Pour les parents indépendants, les propriétaires d’entreprises individuelles et les membres de la famille travaillant dans des PME, l’assurance individuelle d’indemnités journalières figure donc parmi les polices les plus importantes qui soient. Les paramètres à régler : le revenu assuré (à fixer de manière réaliste ; en cas de fluctuation de l’activité, prendre la moyenne des dernières années), le délai d’attente (30, 60 ou 90 jours – plus il est long, moins la prime est élevée ; mais il faut pouvoir faire la transition grâce à ses réserves) et la durée des prestations (si possible 720 jours, afin de combler le vide jusqu’à l’octroi éventuel d’une rente AI).
Examen médical et obligation de déclaration : l’honnêteté est la meilleure politique
Dans le cadre de l’assurance indemnités journalières selon la LCA, l’assureur pose des questions sur l’état de santé. Conformément aux articles 4 et 6 de la LCA, il convient d’y répondre de manière exhaustive et véridique. Quiconque dissimule une maladie antérieure risque que l’assureur résilie le contrat pour manquement à l’obligation de déclaration et refuse de verser les prestations – généralement au moment même où l’on en a le plus besoin. Des réserves sont également possibles : l’assureur exclut certaines maladies préexistantes, soit pour une durée déterminée, soit de manière définitive. Une réserve est désagréable, mais transparente – et en tout cas préférable à un refus de prise en charge en cas d'urgence.
Coordination avec d’autres assurances
Les indemnités journalières sont coordonnées avec d’autres prestations : avec l’assurance-accidents (LAA), qui verse 80 % à partir du troisième jour en cas d’accident ; avec l’assurance invalidité, dont la rente remplace ou réduit l’indemnité journalière ; avec le régime des allocations pour perte de gain en cas de maternité (14 semaines à 80 %, avec un plafond de 220 francs par jour) et les prestations de paternité ou de congé parental. Principe : il n’y a pas de surindemnisation – une personne bénéficiant de plusieurs couvertures ne perçoit au total pas plus que le revenu perdu. C’est précisément pour cette raison qu’il vaut la peine de procéder à une analyse minutieuse avant de payer des doubles couvertures.
Combien coûte une assurance indemnités journalières – et qu’est-ce qui n’est pas pris en charge ?
La prime dépend de l’âge, de la profession, du salaire assuré, du délai d’attente et de la durée des prestations ; pour les indépendants, elle se situe, selon le secteur d’activité, entre 1 % et 4 % du revenu annuel assuré. Faisons le calcul : une interruption de travail de seulement six mois, avec un revenu net de 6'000 francs par mois, représente un manque à gagner de 36'000 francs – soit plus que les réserves librement disponibles dont disposent la plupart des familles. À une époque où les ménages sont déjà mis à rude épreuve par la nouvelle hausse des primes d’assurance maladie prévue pour 2026, une police supplémentaire peut sembler peu attrayante. Pourtant, l’assurance indemnités journalières ne garantit pas le confort, mais le essentiel : le revenu courant.
Liste de contrôle pratique pour les familles
Premièrement : vérifiez pour les deux parents s’il existe une couverture collective et quelles en sont les modalités. Deuxièmement : comblez les lacunes concernant les revenus des travailleurs indépendants ou non couverts par une assurance collective à l’aide d’une police individuelle. Troisièmement : adaptez le délai de carence à vos réserves financières. Quatrièmement : répondez correctement aux questions de santé et conservez une copie de la déclaration. Cinquièmement : pensez aux droits de transfert en cas de changement d’emploi – le délai pour passer d’une assurance collective à une assurance individuelle est court. Et sixièmement : vérifiez votre couverture à chaque changement important – naissance d’un enfant, modification du taux d’occupation, passage à l’activité indépendante, achat d’une maison.
Fiscalité, coordination et vérification annuelle de la couverture
Trois aspects secondaires doivent être pris en compte dans toute réflexion sur l’indemnité journalière. Premièrement, les impôts : les indemnités journalières remplacent le revenu professionnel et sont donc imposables en tant que revenu – toute personne percevant des indemnités journalières pendant une période prolongée doit en tenir compte dans ses calculs fiscaux. Deuxièmement, la coordination avec d’autres assurances : si l’incapacité de travail se prolonge, la personne assurée doit s’inscrire auprès de l’assurance-invalidité au plus tard au bout de six mois – de nombreux assureurs d’indemnités journalières l’exigent expressément et réduisent sinon les prestations. Si, par la suite, une rente AI vient s’ajouter à l’indemnité journalière, une coordination est mise en place : toute surindemnisation est exclue, le montant total versé ne pouvant dépasser le revenu perdu. Il en va de même pour l’assurance-accidents : l’indemnité journalière maladie couvre la maladie, tandis que celle de la LAA couvre l’accident ; rien n’est doublement assuré. Troisièmement, la vérification régulière de la couverture : le salaire assuré doit suivre l’évolution du revenu réel. Après une augmentation de salaire, le passage à l’activité indépendante, un changement de taux d’occupation ou l’arrivée d’un nouvel enfant, il vaut la peine de consulter la police : le salaire assuré, le délai de carence et la durée des prestations sont-ils toujours adaptés ? Les indépendants doivent en outre vérifier si le délai de carence choisi correspond à leur réserve de liquidités : ceux qui disposent de trois mois de salaire de côté opteront pour un délai de carence plus long et réaliseront ainsi une économie substantielle sur leur prime. Ainsi, l’assurance indemnités journalières reste ce qu’elle doit être : un filet de sécurité parfaitement adapté, et non un tigre de papier rangé dans un classeur d’assurance.
Conclusion
L’assurance indemnités journalières n’est pas un luxe, mais le filet de sécurité qui soutient le revenu familial. Elle comble la période entre la fin du maintien du salaire et l’octroi éventuel d’une rente AI – cette phase où la charge financière est la plus lourde. Celui qui connaît sa propre couverture, comble les lacunes de manière ciblée et prend au sérieux les détails du contrat offre à sa famille ce qu’aucun effort d’épargne ne peut remplacer : la certitude qu’une maladie de longue durée ne deviendra pas en plus un problème financier.
Mention légale : cet article est fourni à titre d’information générale (état : juillet 2026) et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les dispositions légales (notamment le CO, la LAMal, la LCA, la LAA et la LAP) ainsi que les conditions générales d’assurance de l’assureur concerné font foi.

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